Une étude de faisabilité : une dépense ou un investissement ?
Une étude de faisabilité peut parfois être perçue comme une étape supplémentaire avant de pouvoir commencer un projet.
Nous la voyons plutôt comme le moment où le projet commence réellement à prendre forme et où les premières décisions structurantes peuvent être prises avec suffisamment de visibilité.
Avant de concevoir, il faut comprendre.
Comprendre le terrain, sa topographie, ses sols, ses réseaux, ses écoulements, ses accès, son environnement et ses contraintes réglementaires. Mais aussi comprendre les usages attendus, les ambitions du maître d’ouvrage et les conditions dans lesquelles le futur aménagement devra fonctionner.
Car un projet n’est pas seulement réalisable ou irréalisable.
Il existe souvent plusieurs solutions possibles, avec des conséquences différentes sur la conception, le coût, les délais, les contraintes réglementaires, la réalisation et, à terme, l’exploitation de l’aménagement.
L’étude de faisabilité permet précisément de comparer ces solutions, d’en mesurer les conséquences et d’en retenir une qui soit à la fois techniquement viable, réglementairement acceptable et économiquement cohérente avec les ambitions du maître d’ouvrage.
Fiabiliser le projet avant d’engager la maîtrise d’œuvre
C’est là que l’étude de faisabilité prend toute sa valeur.
Lancer directement une mission de maîtrise d’œuvre sur la base d’un budget simplement estimé peut donner l’impression de gagner du temps. Mais si les contraintes du site ou les caractéristiques réelles du projet sont découvertes au cours des études, le programme peut devoir être modifié, les solutions réinterrogées et le coût des travaux réévalué.
Le risque est alors double : un budget travaux qui n’est plus maîtrisé et une mission de maîtrise d’œuvre qui doit évoluer en cours de route, avec des études complémentaires, des modifications de programme et potentiellement des avenants.
À l’inverse, une faisabilité suffisamment approfondie permet de disposer, avant de lancer la maîtrise d’œuvre, d’un scénario retenu, d’un programme mieux défini et d’une enveloppe financière beaucoup plus fiable.
Elle ne supprime évidemment pas tous les aléas d’un projet.
Elle permet cependant de réduire fortement les incertitudes qui peuvent être identifiées en amont et de distinguer ce qui relève du risque résiduel de ce qui aurait pu être anticipé.
Décider avant de concevoir
Cette approche est particulièrement précieuse lorsque le contexte est complexe.
À Forville, à Cannes, la transformation d’un bâtiment historique en cœur de ville nécessite de composer avec un existant dont les caractéristiques et les contraintes conditionnent les choix futurs.
À Jas de Beaumont, à Pertuis, la longue période de conception a nécessité d’analyser et de faire évoluer progressivement les solutions au regard du programme, du territoire, des contraintes réglementaires et des enjeux hydrauliques.
Dans ces situations, la faisabilité n’est donc pas une formalité préalable à la maîtrise d’œuvre.
Elle constitue une étape de décision.
Chez LIVEO, nous privilégions une approche fondée sur l’analyse du site, la vérification des hypothèses, la consultation des acteurs concernés lorsque cela est nécessaire et la confrontation des différentes contraintes — techniques, réglementaires, environnementales et économiques.
Notre objectif est de transformer cette analyse en une solution lisible et argumentée, permettant au maître d’ouvrage de savoir ce qu’il peut réaliser, dans quelles conditions et avec quelle enveloppe financière.
Ainsi, lorsqu’une mission de maîtrise d’œuvre est engagée, elle ne démarre pas sur une hypothèse fragile : elle s’appuie sur des choix déjà étudiés et sur un budget préalablement fiabilisé.
Une étude de faisabilité ne fait donc pas perdre du temps au projet. Elle évite surtout d’en perdre plus tard.
Et surtout, elle permet de consacrer la maîtrise d’œuvre à ce qu’elle doit être : concevoir et réaliser le projet retenu, plutôt que découvrir en cours de route quel projet est réellement possible.

